Et comme le réveillon approche...

Publié le 19 Décembre 2012

Parlons "cantine", bien que je ne veuille pas vous dégouter avant les fêtes...

Ah ! la cantine rue Balard, je n'y suis restée qu'un an mais ce fut un an de cauchemars !

Les tables en bois, pliables, pour douze élèves , étaient rangées contre un mur du préau et montées, démontées chaque jour. Par souci d'hygiène elles étaient aussi passées très souvent à l'eau de Javel, il en émanait donc une odeur tout à fait délectable !

Les couverts : une assiette pour tout le repas, fourchette, cuiller, un couteau pour douze , en bout de table.

Un gobelet de métal blanc tout cabossé et qui gardait moult traces, dans ses cabossures, de l'eau rougie apportée par les élèves dans une gourde. Oui, car on avait le droit d'apporter son vin !!!

Les repas étaient servis par les cantinières, de fortes femmes, il le fallait, car les bassines dans lesquelles elles apportaient la nourriture étaient de belle taille. Et elles y allaient, avec leur louche, protestation ou pas de notre part; La confiture du dessert voisinant harmonieusement avec la purée liquide pas encore terminée etc...

Pour surveiller ce petit monde, siégeaient, assises à une table à deux tiroirs Mme Larère et une collègue à elle dont je n'ai pas  retenu le nom. C'était Mme Larère la plus redoutable.

Le pire, c'était le samedi, mais j'y coupais car le samedi la cantine n'était pas obligatoire. Le samedi, c'était jour du foie, que je détestais et déteste encore. Ce jour là, nous avons eu notre revanche : la bassine aux foies frémissants dans leur sauce noire étaient donc en bout de table, mon amie, Annie de la Roquette, tentait de refuser sa part, de toute son énergie. Alertée par la cantinière, Mme Larère s'est levée et vite précipitée, la main déjà haute vers Annie. Mais la bassine étaient en position instable sous "le couteau"unique en bout de table. Alors la bassine tomba, alors la sauce noire et visqueuse se répandit, alors Mme Larère glissa , tomba et ne revint que plus tard... le bras plâtré !!!

Nous, sales gosses, n'en avions aucune compassion.

Dès dix heures du matin, les odeurs de cuisines qui nous parvenaient par les fenêtres de la classe me soulevaient le cœur. Le seul bon souvenir que j'ai pu garder de cette cantine étaient (ça a du arriver très rarement) de manger dehors, dans la cour, aux très beaux jours. C'était peut-être entre le 1er et le 14 juillet où nous étions beaucoup moins nombreuses.

 

 

 

Rédigé par Michèle LETENNEUR

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Méli 31/05/2014 18:07

Super le récit de la cantine, franchement ça ne donne pas envie, je n'ai pas connu j'ai eu la chance de pouvoir rentrer le midi ..........Moi aussi je n'ai pu m’empêcher de rire de la mésaventure de votre "surveillante" :)

geneviéve 19/12/2012 20:53

faut m'excuser , mais j'ai éclaté de rire au sujet de la mésaventure de Mme Larère (où est elle maintenant??)
Pour moi aussi la cantine était synonyme de cauchemar , sauf peut être le jour où il y avait des meringues pour le dessert ,maigre consolation , comme je les enviais les externes !
récit rondement mené aussi agréable que chez les poupées

Françoise Lefèvre-Henssien 19/12/2012 17:42

Beurkkkkkk !!!!!... Je ne pourrai t'être d'aucun secours sur ce sujet... rétrospectivement après lecture de ton récit, je ne peux que me dire que j'ai eu bien de la chance de passer au travers d'une telle épreuve, Maman n'avait pas encore repris son travail et pouvait donc préparer les repas pour toutes la famille, nous étions six à table. Merci Maman !!! Je revenais donc, à pieds, jusqu'à la maison, j'habitais alors à côté de l'hôpital Boucicaut, au coin des rues de Lourmel et des Cévennes.

b 19/12/2012 18:01

Quant à moi, après une année de "souffrances" j'ai tant supplié ma mère qu'elle m'a permis de manger avec elle sur son lieu de travail, boulevard Victor !